Il aura fallu une fois de plus le courage de Nicolas SARKOZY et son entreprise de réforme pour que le monde politique réagisse enfin à ce que l’on appelle « les Droits de l’Enfant ».
Je m’interroge sur le sort de ces familles décîmées par tant de désespoir…au point de mettre fin à la vie de leurs propres enfants et l’actualité nous donne malheureusement raison chaque jour davantage.
Alors que faut-il faire ? Se contenter de bons sentiments et se rassurer avec des institutions qui n’ont de moyens d’action que leur nom, ou prendre à bras le corps cette question essentielle et existentielle pour notre société ?
Car une société qui ne protège pas ses enfants n’est pas une société évoluée et elle court à sa propre perte…puisqu’ils seront les citoyens de demain.
Quel homme ou femme politique a eu le courage de s’élever contre cette infamie que connaît notre société moderne depuis des décennies ? Qui a mis la priorité sur le sort réservé aux enfants maltraités, aux enfants violés, aux enfants abandonnés, aux enfants exploités ?
Quelle disposition innovante et percutante a-t-on souhaitée depuis l’affaire « DUTROUX » il y 13 ans aujourd’hui ?
L’inceste et la maltraitance ont toujours été des sujets tabous et nous avons besoin de la force du pouvoir politique pour initier de nouvelles protections pour nos enfants.
En effet, la France a été l’un des premiers pays à signer la Déclaration Internationale des Droits de l’Enfant en 1989 et à la ratifier en 1991. Mais qu’avons-nous fait depuis de ces textes internationaux pour qu’ils trouvent une réelle place dans notre Droit ? Qu’avons-nous organisé autour de cette question cruciale qu’est la place de l’Enfant dans le monde ? Alors que chacun est prêt à s’émouvoir que les enfants avec les femmes sont les premières victimes de guerre, de famine et d’exploitation dans le monde, personne n’a souhaité jusqu’à présent faire son propre examen de conscience et faire le constat de leur sort dans notre pays. Oui, la France, le pays des Droits de l’Homme, celui qui est une référence incontestable…
Et puis il y a eu un changement des mentalités et c’est alors que les enfants traditionnellement dévolus à la sphère familiale, sportive ou scolaire ont été l’objet de toutes nos attentions et nous avons même parlé « d’enfants rois ». Mais cela ne concernait qu’une certaine catégorie de la population qui avait raison économiquement et c’était l’arbre qui cachait la forêt. Celle de la misère psychologique de milliers de famille face à l’éducation de leur progéniture, celle de la misère économique et intellectuelle…sans parler de la misère émotionnelle de parents ayant un niveau social élevé qui n’ont pas pu refouler leur mauvais penchant ou des pulsions interdites.
Oui, j’ose dire que l’omerta qui règne dans notre pays sur les Droits de l’Enfant est insupportable ; et que ce n’est malheureusement pas une défenseure sans pouvoir politique qui peut participer à changer les choses en profondeur. Oui j’ose dire que le 119 ne constitue qu’une première étape dans la protection de l’enfance. Oui j’ose dire que nous avons l’impérieuse nécessité d’une réelle autorité politique qui ait du poids sur les décisions de justice et de sanction à l’égard de ces nouveaux bourreaux des temps modernes.
Alors comment endiguer le mal que nous avons nous-mêmes contribué à semer malgré nous ? Comment redonner toute sa place à l’enfant et faire que les pathologies ne se transmettent pas comme la dette, de génération en génération ?
Je plaide pour la création d’un secrétariat d’état dédié exclusivement aux Droits de l’Enfant sous l’autorité directe du premier ministre, afin de donner un signe fort de la volonté du pouvoir sur cette question cruciale.
Il faut donner un véritable statut juridique et indépendant aux enfants afin qu’ils aient les moyens de se défendre. Cela implique évidemment de réviser l’article 12 de notre code civil sur l’autorité parentale et ainsi permettre l’application des textes internationaux sur la parole de l’enfant. (Article 4 de la Déclaration internationale des Droits de l’enfant)
Je plaide pour l’inscription de la Déclaration des Droits de l’enfant dans le préambule de la Constitution au même titre que la Parité et le Principe de Précaution.
Je crois nécessaire de réfléchir ensemble à l’abaissement de l’âge de la majorité puisque désormais, un enfant de 16 ans en 2009 ne ressemble plus à celui du début du siècle et de tenir compte aussi de l’âge de la majorité sexuelle officiellement reconnue.
Nous avons besoin de donner de vrais droits aux enfants, puisqu’ils ont aujourd’hui de vrais devoirs et qu’ils sont aussi capables de commettre parfois des crimes et des délis.
Il va de l’honneur de la France de rendre imprescriptible les crimes sexuels contre les enfants comme ceux des crimes contre l’humanité.
Bien entendu, l’éducation demeurant le meilleur moyen de protection, doit pouvoir être dispensé au plus tôt dès l’âge de 2 ans. Car un enfant qui a appris très tôt à exprimer ses peurs et ses craintes ne constitue plus une cible si facile.
Nous avons créé en 2001, l’Association Elus Locaux Contre l’Enfance Maltraitée afin de garantir une parole impartiale face aux représailles qu’ont connu certains magistrats, médecins ou enseignants pour avoir dénoncer des cas de maltraitance.
Enfin, nous devons aussi apporter une réponse aux enfants nés dans des familles sans papiers qui se retrouvent aussi très souvent dans des conditions sanitaires indignes de leur statut.
Je mets beaucoup d’espoir dans la volonté ferme de Nicolas SARKOZY, de faire de cette lutte une priorité absolue pour son gouvernement ; et je suis certaine que la France peut et doit être exemplaire afin d’être leader européen de la lutte contre la cyber et pédo criminalité.
Ceci doit participer aux grands enjeux politiques du 21ème siècle et d’une ambition nationale, passer à des prolongements diplomatiques afin qu’ensemble tout devienne possible pour l’application de la Déclaration Internationale des Droits de l’Enfant.
Lynda ASMANI
Conseillère de Paris
Présidente Déléguée de ELCEM









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