Paris, le 1er décembre 2008
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous solliciter ce jour car le temps où vous étiez Président de l’UMP me semble bien lointain, compte tenu de la stagnation des chantiers que vous aviez eu le courage de lancer.
En effet, fidèle et loyale militante de l’UMP, je me suis naturellement reconnue dans votre combat et votre parcours exemplaire de militant ayant vraiment gagné ses galons sans être un héritier ou un protégé, m’a convaincue du bien fondé de votre démarche mais surtout de sa légitimité.
Comme vous, je suis une jeune femme politique qui aime le combat de terrain, le débat d’idées et la richesse du monde politique en général. Engagée très jeune dans la famille libérale, j’ai participé à toutes les campagnes de la Droite et du Centre depuis 1995. Candidate régulièrement à Paris aux municipales en 2001, aux législatives en 2002, aux régionales en 2004, j’ai aussi fait partie de cette nouvelle génération issue de la diversité et vous m’avez fait confiance à plusieurs reprises.
En 2006, alors que vous souhaitiez profondément changer les mentalités, vous entreprenez dans le même temps, le changement des équipes et tentez de donner une petite visibilité à ceux qui sont différents, qui ne sont ni des héritiers, ni des enfants gâtés de la politique. Vous me faites alors l’honneur de me nommer Conseillère Exécutive de l’UMP.
Et en pleine campagne présidentielle en février 2007, vous me donnez la parole au Zénith lors de votre meeting devant près de 12000 jeunes.
Dans la droite ligne de cet engagement de longue date sur le terrain, j’accepte l’investiture que vous me donnez à Paris en juin 2007 dans une circonscription ingagnable (la 5ème de Paris, 10ème arrondissement) pour notre majorité parlementaire.
Comme en 2002, avec une dissidence très forte non sanctionnée par l’UMP, c’est avec beaucoup d’humilité que j’ai accepté de retourner sur le terrain défendre votre projet présidentiel puis législatif et d’être la tête de liste en mars 2008.
Au fond, j’ai approuvé votre détermination à lutter contre les conservatismes et je suis également très admirative de l’énergie dont vous faites preuve pour prendre à bras le corps l’ensemble des problèmes de notre société en même temps.
C’est pourquoi, je suis certaine que vous serez tout aussi attentif à mon courrier qui est désormais celui d’une jeune élue de terrain ayant gagné difficilement son siège de Conseillère de Paris par la légitimité du suffrage universel et pas par la nomination.
Il me semble important dorénavant de passer ensemble à un mode de représentation de la diversité, ou plus globalement de la différence en politique autrement.
En effet, la République est faite de symboles et j’y suis attachée tout comme vous ; mais il semble que d’autres attentes légitimes se fassent sentir désormais puisque la société change, le monde change, la politique change, mais pas l’UMP.
Je suis persuadée que vous pouvez entendre ce que j’ai à vous dire. Malgré tout mon travail de fond, de mon élection et des demandes régulières d’audience auprès de vous, je n’ai pas encore eu le privilège de vous parler de vive voix.
Pourtant je crois plus nécessaire que jamais que vous ayez un contact direct avec celles et ceux qui ont la légitimité du suffrage universel et qui ont toujours soutenu votre politique, plutôt que des représentants associatifs qui n’ont de cesse de vous combattre dès lors que vous n’êtes pas exactement ce dont ils rêvent et qui ont régulièrement appelé à vous battre lors de l’élection présidentielle.
Je sais votre volonté de changement et n’en doute pas un seul instant. Cependant, j’ai le devoir de vous dire que les candidats issus de la diversité ont été particulièrement « lynchés » lors des derniers scrutins législatifs et municipaux ( notamment à Paris où je fais mon siège à 9 voix dans le 10ème et l’abandon de Jean-Claude Beaujour dans le 20ème) Sans parler de la honte pour notre mouvement de ne pouvoir se revendiquer que de 2 ou 3 conseillers régionaux à ce jour sur l’ensemble du territoire national.
Je sais votre charge de travail, mais je connais aussi votre capacité à tout gérer et c’est pourquoi, je vous lance aujourd’hui un cri d’alarme (suite à un courrier que nous vous avions adressé à quelques uns en septembre dernier) pour vous demander d’accepter de reconnaître les véritables talents qui sont élus sur les terrains difficiles et qui ont besoin de vous pour émerger.
Je vous implore de faire émerger une nouvelle génération d’élus de terrain qui ne sont ni du sérail, ni des héritiers, ni même des alibis.
Je vous implore Monsieur le Président de recevoir une délégation exclusivement d’élus « différents » sans intermédiaire et sans autre structure qui parle en notre nom.
Je vous implore de ne pas concentrer le pouvoir sur des symboles existants qui ont déjà une place en politique et qui ne sont pas issus du suffrage universel ; mais de considérer qu’il y a de la place pour de nombreux talents en dehors des quelques figures emblématiques que vous avez su découvrir dans le passé et auxquelles vous avez donné plus qu’une tribune médiatique.
Je vous implore de faire en sorte que celles et ceux qui ont porté votre projet politique depuis toujours soient récompensés à la juste hauteur de leur loyauté ; car vous le savez, le sentiment d’injustice crée irrémédiablement des sentiments de frustration et d’amertume qui ne sont pas nécessaires.
Je vous implore d’associer toutes les forces à votre combat et de faire en sorte que l’UMP soit le vrai visage de la France avec de véritables élus différents aux élections européennes, régionales et sénatoriales.
Je vous demande de croire qu’il est aussi possible pour des enfants d’immigrés, issus de milieux modestes d’être élus demain au scrutin majoritaire à l’Assemblée Nationale pour peu que la machine politique les accompagnent, comme elle l’a toujours fait pour tous ceux et celles qui sont aujourd’hui au poste de responsabilité dans notre pays.
Je sais que vous êtes le seul à pouvoir vraiment faire vivre cette Révolution Culturelle dont notre pays a tant besoin.
Vous le savez, j’ai toujours accepté les combats les plus difficiles et rien ne m’a été donné ou facilité. C’est la raison pour laquelle je forme le voeu que ma requête ne demeurera pas lettre morte et que vous la lirez personnellement, afin que je sois certaine que la réponse sera la vôtre et pas celle d’un système dont je connais trop bien les rouages pour accepter d’en être délibérément la victime une fois de plus.
Restant naturellement à votre entière disposition, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
Lynda ASMANI
Conseillère de Paris
Conseillère Exécutive de l’UMP
Membre de Section des Affaires Sociales du CES
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